Aéroport Tunis-Carthage. Lotfi un tunisien de quarante ans,
le visage émacié et la silhouette frêle débarque de Paris.
Il est mal a l'aise, comme traqué par un mal indicible.
Si elle le replonge d'emblée dans l'univers dont il est en quête, sa première rencontre avec un ami d'enfance ne l'arrache pas à sa lassitude; le chauffeur de taxi l'emmène jusqu'au quartier dont ils sont
tous les deux originaires : La Goulette.
Ne voulant ni s'attarder
ni provoquer la compassion, Lotfi part à la recherche de points
de repères qui ont marqué son enfance et sa jeunesse : visages,
lieux, bruits et lumières.
En quarante huit
heures son errance le mènera de La Goulette à Rades,
s'accomplira de jour comme de nuit, évoquera d'autres lieux, drainera
son lot de rencontres essentielles ou fortuites et de personnages simples
ou sophistiqués qui en se confiant à Lotfi, dévoileront
ce qui bruit à l'intérieur de cet homme aujourd'hui résigné
au silence.
Lotfi s'évanouit.
Il s'enfuit de l'hôpital, fuit son ancien ami Lyess sa voiture et
sa maison de luxe, comme il décline l'invitation d'une fille fascinée
par son isolement intérieur...
Lotfi sait
que son destin va s'accomplir parmi les humbles.
Chez Ahmed, qui l'a recueilli, après qu'il se soit assoupi dans sa barque, Lotfi va
s'abandonner, affaibli et serein...
Arrivé
dans sa famille à l'improviste il est reçu chaleureusement.
Mais le bonheur des retrouvailles est atténué par l'inquiétude
que sa faiblesse physique apparente suscite chez son entourage.
De Ahmed le pêcheur humble qui, pour saluer son retour, lui offre du poisson, à la vieille juive goulettoise égarée qu'il reconduit à l 'hospice et aux marginaux qui l'adopteront, de la demeure endeuillée de la tante Saida jusqu'au marabout de Sidi Bennour où il se réfugie pour se recueillir, Lotfi livre comme un dernier combat ou sa lucidité et le regard tendre qu'il pose sur les êtres et les choses contrastent avec sa déchéance physique et la cruauté de certains épisodes qu'il aura à vivre dans sa chair...