Le visage de dieu de Bahram ALOUI (58mn)

Le visage de dieu de Bahram ALOUI (58mn)

 Synopsis

A trente ans passés et à la suite de nombreuses déceptions, un jeune homme déjà usé par la vie convoque son passé pour le revisiter. Il revient ainsi sur son enfance dans son village du Nord Ouest tunisien au milieu des années 80, une des zones d'ombre du pays. Là bas, sa grand-mère lui racontait les histoires d'un autre temps, sa mère préparait le pain au petit matin et sur un écran de télévision défilait l'histoire du pays: le pain devenu l'affaire des peuples (Emeutes du pain, 1983). L'enfant grandit et l'histoire avance, à l'âge adulte c'est le départ vers la capitale Tunis. Il découvre alors un univers plein de brillance mais aussi de mirages, qui a ses propres zones d'ombres.

Le narrateur se déplace à travers différents espaces, lieux publics, d'échange et de création, réels ou imaginés, qu'il cherche à s'approprier pour continuer à raconter son histoire. Le déclenchement des mouvements populaires qui ont mené à la révolution semble interrompre brusquement ce voyage dans le temps et la mémoire, jetant un autre éclairage sur les souvenirs eux-mêmes.

Fiche Technique :

 TITRE ORIGINAL : ANA WEJEH RABI

TITRE FRANCAIS: LE VISAGE DE DIEU

TITRE ANGLAIS: THE FACE OF GOD

GENRE: DOCUMENTAIRE

AUTEUR-REALISATEUR: BAHRAM ALOUI

PRODUCTEUR : NOMADIS IMAGES et ART DISTRIBUTIONS

DUREE: 58minutes

ANNEE : 2014

Pays : Tunisie

Format de prise de vue : HD

Format de projection: Blue Ray

Version Originale: Arabe – dialectal tunisien

Sous-titres: Anglais & Français

Producteurs : Dora Bouchoucha et Habib Belhedi

Conseillère artistique: Lina Chaabane Menzli

Image et Son: Bahram Aloui

Montage: Nizar Souissi

Mixage: Aymen Labidi

Musique : Ridha Chmak


Note d’intention

Trente ans de vie méritent-ils d'être racontés. 

 

L'expérience de la vie, la vivre pour la raconter, la raconter pour la revivre : mémoire perdue entre encre et papier, envahie par la déception et la perte,  une mémoire qui devient  une mauvaise compagnie. Dans ce film, je suis parti avec ma mémoire à la recherche de mon temps perdu…

J’ai interrogé le temps écoulé par un retour aux sources, au début de l'apprentissage de la vie. Ce film est un voyage dans les détails de la mémoire éparpillée. 

 

Dans ce parcours initiatique, les images défilent comme des sensations qui se succèdent, des touches impressionnistes : le ciel, l'eau, les oiseaux, les bruits, la ville ... A l’instar de la mémoire, la caméra est le miroir brisé que l’on promène le long du chemin. Elle reflète une société difforme, dispersée, éparpillée, une société qui peine à se dire, entre contrôle et oubli, échange et solitude. Multitude d’espaces et de discours, de personnages qui passent: la ville est un tourbillon.

Devenu homme, le petit garçon semble en errance. En filigrane, la narration tente de tisser des liens entre les événements pour donner du sens à ce parcours chaotique.

   L'homme a rencontré l'enfant qu'il a été. A-t-il réellement progressé depuis? 

Le temps a passé et le futur est devenu le présent. Les échos des souvenirs peuplent la désolation des espaces. La tristesse est la sœur jumelle de la joie.

 Les mouvements sociaux qui ont mené à la révolution conduisent à donner une signification nouvelle aux souvenirs.  Le film apporte plus de questions que de réponses, il est un cheminement.  

Une simple caméra de poche m'a ainsi accompagné dans une démarche solitaire, personnelle et subjective, filmant et témoignant de mon intimité, avec la discrétion qui permet d'entrer dans la vérité des gens, des situations et des espaces. Un jeu de miroirs et de reflets s'installe, une mise en abîme : acteur professionnel qui passe son temps à jouer le rôle des autres, j'essaie de me révéler à travers ma propre mise en scène.   

BAHRAM ALOUI




BIOGRAPHIE

Né en 1979 à Makthar, dans le Nord-Ouest rural tunisien, Bahram Aloui est un artiste polyvalent. Il a étudié le russe, la langue des signes et le cinéma à Tunis, et prépare actuellement un mémoire de recherche sur les arts vivants. Comédien au théâtre, acteur de cinéma et de télévision, danseur, il a participé à de nombreux projets artistiques tunisiens et internationaux. Parallèlement, il écrit des scénarios, monologues et poèmes, et travaille les textes, la dramaturgie et la mise en scène de contes traditionnels. Avec une petite caméra numérique HD, il filme spontanément de nombreuses scènes de vie ou de travail, sur le vif.

Le Visage de Dieu est son premier documentaire de long métrage, un film  autobiographique, lecture croisée de son histoire personnelle et de l’histoire du pays.